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La grande histoire des roses

Sur la terre originelle, il y a bien longtemps, des églantiers croissaient librement… A partir de ces quelques arbustes, les hommes sont parvenus à créer des milliers de roses aux couleurs, aux formes, aux utilisations, aux allures et aux parfums si variés que chacun peut trouver chaussure à son pied…

Il existe un certain nombre de groupes de rosiers qui ont parfois évolué pour répondre aux exigences de notre époque actuelle.

Je vais essayer de synthétiser et vulgariser mes lectures sur le sujet afin de permettre la meilleure compréhension possible de ces fleurs dont on dit qu’elles sont « les reines des fleurs »…

(Toutes les roses présentées ci-dessous ont été photographiées au Jardin de l’Echassière)

Il existe plusieurs grandes familles de roses, classées en fonction de leur origine :

– Les Gallicanae,

– Les rosiers du Bengale et rosiers de Chine,

– Les bourbons et Hybrides remontants,

– Les rosiers noisette et rosiers thé,

– Les Hybrides de Thé et Hybrides de Gigantea,

– Les Rosiers modernes à grosses fleurs et les Rosiers anglais,

– Les Rosiers à fleurs groupées ,

– Les Rosiers liane et sarmenteux,

– Les Rosiers miniatures et Rosiers de patio,

– Les Rosiers à fleurs doubles,

– Les Arbustes à fleurs d’églantiers.

LES GALLICANAE (Gallica, alba, damas, centfeuilles, mousseux, portland)

Jusqu’au XVIIIème siècle, les Gallicanae ont pratiquement été les seuls hybrides connus en Europe.

A l’origine, on a sans doute transplanté dans les jardins des églantiers sauvages. A l’état sauvage, R. Gallica est une belle rose simple, d’un rouge clair et lumineux, au port buissonnant et touffu, avec un feuillage abondant d’un beau vert vif. On la trouve naturellement de l’Europe à l’Asie Mineure. En France, elle est plus particulièrement localisée dans le sud est, le centre et la région lyonnaise, mais aussi en Belgique et dans l’est de l’Europe. On ne sait pas exactement comment on est passé des formes simples aux formes doubles.

Ces rosiers très parfumés sont admirables dans des ensembles classiques bordés de buis. Les fleurs, souvent très doubles, surtout chez les Centifolia et les Damas peuvent aussi etre simples, mais non moins magnifiques… Les Gallicanae ne comportent ni rouge, ni jaune ni orange. Selon les régions, ils fleurissent en mai ou en juin et sont rarement remontants. Aussi faut-il veiller à les entourer de vivaces et d’autres rosiers remontants afin que le jardin reste attrayant après leur courte floraison…

Salet, vieux rose, centifolia muscosa, Lacharme 1854

Salet, vieux rose, centifolia muscosa, Lacharme 1854

Charles de Mills, pourpre, avant 1790

Charles de Mills, pourpre, avant 1790. Un parfum fantastique !

Jacques Cartier, rose pus foncé au centre, Portland, Moreau Robert 1868

Jacques Cartier, rose plus foncé au centre, Portland, Moreau Robert 1868. Présent dans tous les vieux jardins. Très parfumé...

Gros Provins panaché, rose strié blanc, Gallica, origine inconnue, avant 1852

Gros Provins panaché, rose strié blanc, Gallica, origine inconnue, avant 1852. L'originalité des striures n'a d'égal que le parfum....

LES ROSIERS DU BENGALE ET ROSIERS DE CHINE :

Avec les grandes découvertes et le développement des transports maritimes, les Rosiers du Bengale et Rosiers de Chine parviennent jusqu’à nous.

Au-delà de la mode des collections du XVIIIème siècle, l’émergence de cette science nouvelle qu’était alors la botanique, poussa les spécialistes à collecter dans tous les continents que l’on pouvait désormais atteindre, un grand nombre de plantes, dont les roses… Parmi toutes ces contrées lointaines, la Chine était la plus fermée. Une pépinière « Fa Tee », située à quelques kilomètres de Canton, était néanmoins ouverte aux occidentaux. On y trouvait toutes sortes de plantes, ainsi que des roses cultivées en pot. Les premières roses de Chine arrivées en Europe proviennent de cette pépinière… On ne sait pas de quelle façon les chinois les ont obtenues, mais en Chine, le jardinage était déjà, à cette époque, un art complexe et raffiné, aux techniques minutieuses développées depuis des temps immémoriaux.

Sous un climat favorisant une grande diversité botanique, des rosiers à floraison perpétuelle avaient déjà été créés par sélection et par hybridation. Ils furent accueillis avec enthousiasme par les collectionneurs et la révolution ne parvint pas à interdire la traversée de la Manche aux roses que l’Impératrice Joséphine adorait. Elle était bien placée pour obtenir des passe-droits et elle ne s’en priva pas… Elle est pour beaucoup dans l’émulation qui saisit les pépiniéristes qui commencèrent à semer, croiser, hybrider les roses déjà connues avec les nouveautés chinoises et du Bengale.

On peut donc dire que le caractère remontant des roses est l’héritage de ces rosiers délicats mais infatigables. Ils ont pratiquement disparu aujourd’hui en raison de leur faible résistance au froid. En effet, ces rosiers exotiques n’ont pas l’habitude du repos hivernal ce qui les rend beaucoup plus sensibles aux frimas que les Gallicanae. Ils ont été supplantés par des variétés plus rustiques et plus vigoureuses. Leur patrimoine génétique s’est néanmoins transmis à toutes les roses modernes et leur introduction fut une véritable révolution.

Cécile Brunner, rose carné, chinensia, Ardagh 1904

Cécile Brunner, rose carné, chinensia, Ardagh 1904. Un amour de petite rose qui est très charmante dans un vieil arbre...

LES BOURBONS ET HYBRIDES REMONTANTS :

Après avoir donné naissance aux Noisette, les Bengale allaient se marier à R. Damascena bifera pour engendrer la race des Bourbons. C’est de l’Ile de la Réunion, que l’on appelait encore Ile Bourbon, que devait arriver en France en 1819 une rose dont les descendants formeraient ce groupe… Plusieurs versions circulent au sujet de l’arrivée de la première rose Bourbon en France. La plus courante est celle-ci : on avait l’habitude, au XVIIIème siècle de planter dans l’ile des haies de rosiers formées de R. Damascena bifera et de Rosiers du Bengale. En 1817, le directeur des jardins royaux de l’ile aurait trouvé dans une haie de la propriété de Edouard Périchon un rosier à l’aspect un peu différent des autres qu’il emporta au jardin botanique pour le cultiver. Ce dernier présentait des caractères intermédiaires entre les deux rosiers cités plus haut et Bréon en conclut qu’il était le produit de leur croisement. Il décida de l’envoyer au jardinier de Philippe d’Orléans, le futur roi Louis-Philippe. C’est ainsi que le rosier « Rose Edouard » serait arrivé à Paris… De nombreux semis et croisements furent ensuite faits et peu à peu ces rosiers se diversifièrent. Toutefois leur nombre ne devait pas augmenter de façon considérable et ils furent rapidement supplantés par d’autres rosiers dont on les différencia mal au début mais qui, à partir de 1840 environ, devaient devenir prépondérants : les « hybrides remontants ».

A notre époque où la génétique a pris une telle importance, on a des difficultés à imaginer combien les botanistes du passé pouvaient se tromper dans leurs réflexions… A force de tâtonnements, ils finirent par faire apparaitre des rosiers d’un type intermédiaire que l’on eut d’abord beaucoup de difficulté à classer, du fait de l’opacité qui existait autour de leur filiation. On les nomma donc « Hybrides »… « Hybrides de Bengale », au début, puis comme ils refleurissaient plusieurs fois, ils furent finalement appelés « Hybrides remontants »…

Mais ces « Hybrides remontants » correspondaient à une époque où le jardinage était le fait d’une classe privilégiée qui disposait d’une main-d’oeuvre qualifiée capable de leur prodiguer tous les soins nécessaires. Avec le temps, en raison de leur vigueur moyenne, abandonnés à eux-memes, les maladies comme la rouille finirent par avoir raison d’eux… Par comparaison, les « Bourbons » se sont montrés plus solides et ils sont plus nombreux à nous etre finalement parvenus…

Souvenir d'Alphonse Lavallée, grenat foncé, Hybride remontant, Charles Verdier 1884

Souvenir d'Alphonse Lavallée, grenat foncé, Hybride remontant, Charles Verdier 1884

Madame Isaac Pereire, rose carmin, Bourbon, Garcon 1881

Madame Isaac Pereire, rose carmin, Bourbon, Garcon 1881. La perfection faite rose !

Bourbons's Queen, rose pourpre, Bourbon, Mauget 1834

Bourbon's Queen, rose pourpre, Bourbon, Mauget 1834. Une rose splendide qui sent délicieusement bon. Un peu trop éphémère, mais c'est ce qui en fait sa valeur !

Mrs John Laing, rose tendre, hyride remontant, Bennet 1887

Mrs John Laing, rose tendre, hybride remontant, Bennet 1887

Souvenir du Dr Jamain, rouge noir, bourbon, Lacharme 1865

Souvenir du Dr Jamain, rouge noir, bourbon, Lacharme 1865

LES ROSIERS NOISETTE ET LES ROSIERS THE :

Très vite, après leur arrivée en Occident, les rosiers du Bengale allaient, par hybridation avec d’autres souches, donner de nouvelles lignées. La première est celle des rosiers Noisette qui s’allia rapidement à un autre type de roses chinoises à floraison perpétuelle : les rosiers Thé.

C’est en Amérique qu’est née la race des noisette : le croisement d' »Old Blush » avec R. Moshata donna une variété à fleurs roses « Champneys’ Pink Cluster », toujours en culture aujourd’hui. A partir du semis de ce dernier, « Noisette de l’Inde » fut obtenu, puis bien d’autres, par semis ou par croisements successifs.

En 1809, Sir Abraham Hume importa de Chine la première rose Thé en Europe « Hume’s Blush ». La Société Royale d’horticulture anglaise fit rapporter de Chine la forme jaune du rosier Lady Banks, ainsi qu’une autre rose jaune double « Park’s yellow ». Toutes les roses Thé cultivées en Europe descendent de ces deux roses, peu différentes des Bengale, si ce n’est qu’elles étaient beaucoup plus doubles et surtout qu’elles possédaient cette couleur rare et très recherchée parmi les roses : le jaune. Ce type de rosiers eut trois vedettes, dont les parents étaient « Blush noisette » et « Park’s Yellow » : « Lamarque », un rosier jaune sarmenteux, « chromatella » et « Maréchal Niel », d’une joli jaune franc.

C’est la famille Nabonnand, dans le sud de la France, qui réussit à obtenir le plus grand nombre de rosiers Thé. A la mort du père, les deux fils Nabonnand cultivaient 500 000 rosiers de 970 variétés expédiés dans le monde entier. Mais les Thé furent finalement remplacés par les Hybrides de Thé, plus rustiques. Ils disparurent peu à peu car on ne pouvait les reproduire que par greffage… Aujourd’hui, ils sont complètement effacés des mémoires après avoir connu une gloire si intense qui correspondait davantage à un mode de vie liée à l’exode sur « La rivièra » d’une certaine classe sociale qui n’existe plus de nos jours…

Blush noisette, rose tendre, Noisette, Noisette 1814

Blush noisette, rose tendre, Noisette 1814. Le parent de beaucoup de rosiers...

Aimé Vibert, blanc, Noisette, Vibert 1828

Aimée Vibert, blanc, Noisette, Vibert 1828. La grâce de la petite fille dont il porte le nom...

Reve d'or, jaune chamois cuivré, Noisette, Ducher 1869

Rêve d’or, jaune chamois cuivré, Noisette, Ducher 1869. Extraordinaire effet de masse lorsqu’il est conduit à l’horizontal dans un massif !

LES HYBRIDES DE THE ET HYBRIDES GIGANTEA :

Trop sophistiqués, trop fragiles et pas assez remontants, ces rosiers étaient condamnés à plus ou moins long terme. Alors que leur succès était maximum, une nouvelle race de rose allait naitre de façon fortuite : les Hybrides de Thé. Le souhait des premiers rosiéristes était enfin réalisé : transmettre aux rosiers européens la remontance des souches chinoises !

C’est Jean-Baptiste Guillot fils qui mit au monde « La France », premier rosier issu d’un Hybride remontant et d’un rosier Thé… Il obtint ce résultat en semant les graines de « Mme Victor Bradier », un Hybride remontant, et « Mme Bravy », un Rosier Thé. D’abord classé dans les Hybride de Bourbon, on reconnut en ce rosier, à partir de 1890, le prototype d’une nouvelle race : Les Hybrides de Thé. Il présentait les caractères intermédiaires des 2 espèces dont il était issu. Des Hybrides remontant : la vigueur, les rameaux dressés, l’opulence de la corolle, la rusticité. Des Hybrides de Thé : la finesse et la délicatesse des pétales, le feuillage lisse et surtout, la remontance et la générosité… Ce sont ces deux dernières qualités  ajoutées à son parfum qui en firent la gloire. Malheureusement, comme cela arrive souvent pour les premiers Hybrides entre deux races différentes, « La France » était presque stérile et il faudra attendre encore plusieurs années pour que ce nouveau groupe se développe complètement.

Bennett, un amateur anglais,  mit au point le rosier qui fut réellement le point de départ de cette lignée. Cultivant des roses et réalisant des hybridations, il créa « Mrs John Laing » et « Lady Mary Fitz William », dont un des parents est « Mme Victor Bradier ». William Kordes poursuivit les essais, puis Pernet-Ducher qui découvrit « Mme Caroline Testout »…

Le chemin fut long car à cette époque, les rosiéristes agissaient de façon empirique, ignorant de l’existence des chromosomes  et des règles de l’hérédité…  Mais une fois trouvés les géniteurs fertiles, le nombre de variétés se multiplia très vite…

Madame Caroline Testout, rose satiné, Hybride de Thé, Pernet Ducher 1890

Madame Caroline Testout, rose satiné, Hybride de Thé, Pernet Ducher 1890

Etoile de Hollande, rouge smbre, Hybride de Thé, Leenders 1931

Etoile de Hollande, rouge sombre, Hybride de Thé, Leenders 193. Un parfum capiteux qu'on n'oublie pas, associé à une grande remontance. Un des derniers à offrir des fleurs pour la Nouvelle année...

Madame Jules Bouché, blanc, Hybride de Thé, California Roses 1938

Madame Jules Bouché, blanc, Hybride de Thé, California Roses 1938. Délicieux parfum mais les fleurs s'abiment à la pluie... Dommage...

Sénateur Amir, rose cyclament, Hybride de Gigantea, Nabonnand 1924. Ce rosier m'a été offert par Mr Guy ANDRE, Successeur de Mr Eve aux roses anciennes André Eve, pour l'envoi de photos représentant Iceberg...

Sénateur Amic, rose cyclamen, Hybride de Gigantea, Nabonnand 1924. Ce rosier m'a été offert par Mr Guy ANDRE, Successeur d'André Eve aux roses anciennes André Eve, pour l'envoi de photos représentant Iceberg... Planté au pied de l'obélisque de "Constance Spry", il doit se battre pour gagner son espace vital, mais il résiste !

LES ROSIERS MODERNES A GROSSES FLEURS ET LES ROSIERS ANGLAIS :

Après « La France » et « Lady Marie Fitz William », les Hybrides de Thé avaient atteint le but recherché… Pour les créateurs de roses, dès lors que la remontance, la perfection des formes et une certaine rusticité avaient été obtenues, le temps d’innover était arrivé…

C’est la recherche de nouveaux coloris qui constitua un nouveau territoire à explorer. En effet, comparé à la palette de couleurs que nous connaissons aujourd’hui, deux étaient pratiquement absentes des Hybrides de toutes sortes cultivés : le jaune vif et le rouge écarlate… Certains rosiers pouvaient avoir quelques reflets jaunes ou orange, tel « Gloire de Dijon » ou d’autres encore, mais aucun ne possédait la couleur franche…

D’essais en essais, les rosiéristes finirent par mettre au point les coloris recherchés  et des rosiers sophistiqués, aux grandes tiges raides tenant bien en vase, aux grosses fleurs sans esprit, souvent peu ou pas parfumés, mais qui demandent des soins réguliers.

Au Jardin de l’Echassière, tous les rosiers modernes sont parfumés  (excepté quelques-uns qui valent par la grande beauté ou l’originalité de leurs fleurs) ….

Dans les années 1950, David Austin, un anglais fils d’un éleveur de bétail dans le Shropshire, découvrit les roses anciennes et fut fasciné par leur beauté et leur parfum… Dans son métier , il avait appris les techniques de sélection scientifique des caractères génétiques du bétail, qu’il appliqua aux roses, en mariant des roses anciennes à des roses modernes. Il désirait obtenir des roses qui aient la forme et le charme des roses d’autrefois avec la gamme de couleurs, la remontance et la résistance aux maladies des roses modernes.

D’essais en essais, il obtint « Constance Spry », un rosier magnifique, non remontant, mais absolument sublime : forme des fleurs, vitalité du feuillage, odeur délicate et puissante de myrrhe… Il fut suivi de beaucoup d’autres qu’on appela « Rosiers anglais »

David Austin a fortement poussé les rosiéristes de cette époque à revoir leur copie en matière de critères esthétiques : charme et romantisme furent alors privilégiés s’opposant à uniformité et raideur des seules roses modernes…

Le célèbre Pierre de Ronsard, hybride moderné né en 1985. C'est le deuxième que je plante au jardin. Le premier est mort, sans raison apparente et celui-ci a eu quelques difficultés à s'installer au départ. Après 3 ans, il a enfin démarré... Cette année, il est superbe, associé à une clématite violette et à Mme Adélaide d'Orléans...

Le célèbre Pierre de Ronsard, hybride moderne né en 1985. C'est le deuxième que je plante au jardin. Le premier est mort, sans raison apparente et celui-ci a eu quelques difficultés à s'installer au départ. Après 3 ans, il a enfin démarré... Cette année, il est superbe, associé à une clématite violette et à Mme Adélaide d'Orléans...

Baronne Edmond de Rothschild, rouge carmin et argent à revers,Hybride moderne, Meilland 1986

Baronne Edmond de Rothschild, rouge carmin et argent à revers, Hybride moderne, Meilland 1986. Superbe couleur, très originale...

Colette, Hybride moderne

Colette, Hybride moderne. Très parfumé...

Louis de Funès, orange capucine Hybride dmoderne, Meilland

Louis de Funès, orange capucine Hybride moderne, Meilland. Très parfumé...

Tchaikowski, Hybride moderne

Tchaikowski, Hybride moderne. Très parfumé...

Red parfum, grenat velouté, Hybride moderne, Eve 1972. Je trouve ce rosier magnifique, il est délicieusement parfumé et remonte tout l'été... La perfection faite rose. Associé à la clématite violette Vostok, il produit un effet spectaculaire...

Red parfum, grenat velouté, Hybride moderne, Eve 1972. Je trouve ce rosier magnifique, il est délicieusement parfumé et remonte tout l'été... La perfection faite rose. Associé à la clématite violette Vostok, il produit un effet spectaculaire...

Constance Spry, rose bonbon, rosier anglais, Hybride moderne, Austin 1961

Constance Spry, rose bonbon, rosier anglais, Hybride moderne, Austin 1961. Un de mes rosiers préférés...

LES ROSIERS A FLEURS GROUPEES   : (Polyantha et Floribunda)

La création des rosiers à fleurs groupées qui fleurissent inlassablement au jardin est due à l’introduction de R. multiflora, une espèce qui peuple les cotes caillouteuses du Japon et de la Corée et dont les qualités sont telles que longtemps encore on l’utilisera pour améliorer les races existantes.

Ce sont des rosiers très florifères et faciles à cultiver, recherchés pour créer des effets de masse plutot que pour jouir de la beauté de chaque rose en particulier. Il ne faut pas les tailler à 3 yeux comme on le fait avec les Hybrides de Thé pour obtenir de grosses fleurs, mais à 6 ou 7 yeux. Chaque jardin devrait leur consacrer un espace, d’autant qu’ils peuvent également etre utilisés pour la fleur coupée, autrement plus personnelle que les fleurs soigneusement calibrées par les fleuristes…

Kimono, rose clair saumoné, De Rutter 1961

Kimono, rose clair saumoné, De Rutter 1961. Magnifique en rosier tige...

LES ROSIERS LIANE ET SARMENTEUX : (Boursault, Formes et Hybrides de Sempervirens, R. multiflora, R. Luciae, R. wichuraiana, R. setigera, R. avensis, R. banksiae, R. anémonoides, R. laevigata, etc…)

Dans la nature, sous des climats et dans des milieux naturels divers, plusieurs espèces botaniques de rosiers sarmenteux ont la capacité de s’accrocher aux arbres, se faufiler dans les taillis ou escalader des rochers… Par sélection ou hybridation, on en a tiré des cultivars aptes à garnir des supports, habiller des façades et créer des scènes pittoresques.

Il y eut à la Belle Epoque un véritable engouement pour ces races nouvelles. Il est vrai qu’avec la prospérité et l’élévation du niveau de vie, la petite et moyenne bourgeoisie s’intéressa au jardinage. N’ayant pas toujours les moyens d’entretenir des serres et le personnel nécessaires à la culture des roses, ces nouveaux jardiniers recherchaient des variétés florifères peu fragiles. Jules Gravereaux, propriétaire du « Bon Marché » à Paris devint à cette période un célèbre « rodhologue ». L’une des conséquences de ce succès fut la création des « Jardins de Bagatelle »…

Ces plantes à grande végétation ont besoin d’espace pour se développer et sont indispensables pour créer des scènes pittoresques et sauvages…

Seagul, blanc pur, Hybride de multiflora, Pritchard 1907

Seagul, blanc pur, Hybride de multiflora, Pritchard 1907

Paul's Himalayan musk, blanc rose, Hybride de moshata, Earles Paul 1986

Paul's Himalayan musk, blanc rose, Hybride de moshata, Earles Paul 1986. En quelques années, il a recouvert la grille de la cloture, commence à s'accrocher au cerisier qui le surplombe et "vampirise" littéralement tout support qui passe à sa portée... En juin, il est admirable !

Francis E. Lester, fleurs blanches simples, Hybride de Moshata, 1946

Francis E. Lester, fleurs blanches simples, Hybride de Moshata, 1946

New down, rose nacré, Hybride de Wichuraiana, 1930

New down, rose nacré, Hybride de Wichuraiana, 1930. Superbe couleur qui fait penser au teint des bébés. Mais comme le mien n'est pas remontant, j'en conclus qu'il y a eu erreur d'étiquettage et que je possède "Dr Van Fleet"...

Félicité et Perpetue, blanc crème, Hybride de Sepervirens, Jacques 1827

Félicité et Perpetue, blanc crème, Hybride de Sempervirens, Jacques 1827. Une vigueur extraordinaire ! Et beaucoup de piquant !

Ghislaine de Féligonde, jaune abricot, Hybride de multiflora, Turbat 1916

Ghislaine de Féligonde, jaune abricot, Hybride de multiflora, Turbat 1916. Se plait aussi à l'ombre découverte...

Paul Noel, rose chaud, Hybride de wichuraiana, Tane 1913

Paul Noel, rose chaud, Hybride de wichuraiana, Tane 1913. Un superbe effet de masse..

Veilchenblau, violet bleuté, Hybride de wichuraiana, Schmidt 1909

Veilchenblau, violet bleuté, Hybride de wichuraiana, Schmidt 1909. Un coloris très original...

Auguste Gervais, rose, Hybride de wichuraiana, Barbier 1918

Auguste Gervais, rose, Hybride de wichuraiana, Barbier 1918. Exubérant, il embaume....

LES ROSIERS MINIATURES ET ROSIERS DE PATIOS : (Rosiers chinensis, Polyantha nains et minifloribunda)

Bien que des rosiers nains soient présents parmi les rosiers galliques, c’est d’une souche venue de Chine que descendent les Miniatures modernes. Leur histoire est émaillée d’incertitudes et d’énigmes… Concernant les couleurs, on trouve toutes celles qui existent  parmi les rosiers modernes avec toutefois une prédominance pour les rouges, les roses et les blancs. Ils peuvent  etre utilisés en pot ou au jardin : bordures, touffettes au pied d’un muret, cascade dans une rocaille…

Je n’aime pas beaucoup les rosiers nains qui sont trop petits pour pouvoir résister au dur combat auquel  doivent se livrer les roses pour gagner sur l’abondante végétation ambiante du Jardin de l’Echassière… J’ai peu de  rosiers nains dans le jardin (2 ou 3 seulement…).

LES ROSIERS A FLEURS DOUBLES :(Hybrides de R. rugosa, Lambertiana, Hybrides modernes, espèces et Hybrides divers)

Mis à l’honneur au début du siècle par des jardiniers qui comme Gertrude Jekyl, anglaises bien connue pour ses scènes naturelles, les rosiers arbustes ont vu leur mode s’affirmer alors que se répandait un style de jardinage moins formel, dit « à l’anglaise »… La création de nouvelles variétés, belles et peu exigeantes, ne pouvait que renforcer cette tendance.

En fait, tous les rosiers sont des arbustes et ils donnent presque tous des fleurs doubles… Ne rentreront donc dans cette catégorie que des plantes bien ramifiées destinées a une association avec d’autres plantes vivaces. Ces rosiers donnent des roses solides et d’un entretien très simple qui méritent une place de choix dans tout jardin d’aspect libre…

A l’Echassière, « Fée des Neiges » ou « Iceberg » est fortement représenté : parmi les premiers à fleurir, il est aussi le dernier à épanouir des roses à la fin du mois de décembre ,et offre pendant toute la saison 3 fortes vagues de floraison. Il résiste à tout : sécheresse, excès d’eau, ombre couverte… Je n’arrive pas à imaginer le jardin sans ce rosier extraordinaire…

Iceberg, ou Fée des neiges, blanc pur, Cant 1968

Iceberg, ou Fée des neiges, blanc pur, Cant 1968. Je l'adore !!!

Stanwell perpetual, blanc carné, issu de Damas, Lee 1938

Stanwell perpetual, blanc carné, issu de Damas, Lee 1938. De surprenantes petites fleurs parfumées...

Clair matin, rose frais, Meilland 1960

Clair matin, rose frais, Meilland 1960. Il fleurit sans discontinuer jusqu'aux premières gelées...

Phyllis Bide, jaune abricot changeant, Bide 1923

Phyllis Bide, jaune abricot changeant, Bide 1923

Polka, rose chamois, Hybride moderne, Meilland 1992

Polka, rose chamois, Hybride moderne, Meilland 1992. Des roses à la forme parfaite....

LES ARBUSTES A FLEURS D’EGLANTIERS : (Espèces  et formes botaniques et Hybrides divers à fleurs simples)

Malgré leur charme, les rosiers sauvages et les rosiers à fleurs simples ont longtemps été délaissés au profit de variétés plus opulentes et sophistiquées. Mais les gouts du public ont changé avec un penchant de plus en plus affirmé vers  la simplicité et du naturel…

C’est ainsi qu’un nouveau style de jardin plus sauvage fait rechercher fougères et graminées qui s’associent parfaitement à ces rosiers à l’allure simple et discrète. Dans un environnement de plus en plus compliqué et moderne, la présence de ces sauvageonnes délicates et raffinées créée une oasis raffraichissante au coeur de la ville…

J’en ai introduit plusieurs plants depuis quelques années, très appréciés des visiteurs du jardin…

Sourire d'orchidée, fleurs presque simples, blanc nacré rosé, Croix 1985, une des plus remarquables variétés de ces dernières années.

Sourire d'orchidée, fleurs presque simples, blanc nacré rosé, Croix 1985, une des plus remarquables variétés de ces dernières années.

« Je suis responsable de ma rose »
LE PETIT PRINCE
Antoine de Saint-Exupéry

6 commentaires pour : La grande histoire des roses

  • suzanne kempf

    je suis a la recherche d’un rosier parks yellow tea scentes china ou le trouver ou c’est sur un autre nom en france

  • admin

    Bonjour,
    J’ai déjà rencontré ce nom de rosier dans mes lectures. Je viens de le rechercher dans mes différentes sources, mais sans succès… Son nom a dû être changé, cela se faisait souvent au XIXè siècle.
    Il n’y a pas énormément de rosiers Thé jaunes. Je pense que vous apprécieriez aussi « Gloire de Dijon », un rosier Thé de 1853 parmi les plus célèbres. Il est un peu difficile chez moi, pas très dense et un peu dégarni de la base, mais il sent délicieusement bon et c’est le plus rustique des rosiers Thé. Sinon, on peut aussi penser à « Fortune’s Double yellow », 1825, découvert dans le jardin d’un mandarin chinois, ou encore à « Marie Van Houtte », délicieux rosier qui donnent des fleurs aux pétales larges et plats qui s’enroulent en un calice opulent et parfumé, au coeur plus froncé. Dans tous les cas, ce sont des rosiers qui n’apprécient pas trop les grands froids et dont il convient de buter la base en hiver.
    Allez sur le site des « Roses anciennes André Eve » http://www.roses-anciennes-eve.com
    Je suis sûre que vous y trouverez votre bonheur !
    Cordialement. Chantal JARDIN DE L’ECHASSIERE

  • admin

    Bonjour,
    Si mes articles vous plaisent, et que vous en désirez une version écrite, imprimez-les à partir de l’ordi…
    En tout cas, je suis heureuse qu’ils vous aient intéressé.
    Cordialement.
    Chantal JARDIN DE L’ECHASSIERE

  • Champly Frederic

    Bonjour et merci pour votre tres beau site.
    Nous habitons la haute savoie a 1000 metres d´altitude et sommes en train de creer un massif derriere notre ferme.Au milieu de ce massif se trouve un arbre(prunier) sur lequel nous aimerions faire grimper un rosier.L exposition y est sud/sud ouest et le soleil arrose l arbre jusqu au milieu de l apres midi.Pourriez vous me dire si un rosier veilchenblau y serait a sa place(altitude, exposition…) et quelle roserait est succeptible de me vendre ce type e rosier.
    Merci beaucoup.
    F.Champly

  • admin

    Bonjour,
    Je suis heureuse que mon blog vous ait plu… En ce qui concerne VEILCHENBLAU (Hybride de wichuraiana, Schmidt 1909), je pense que vous pouvez l’installer sans problème dans votre région. Il est décrit comme « généreux et facile, acceptant tous les climats et toutes les exposition… Il est presque inerme (sans épines) et sent bon. Il accepte aussi la mi-ombre… Un rosier sans problème… », mais j’en ai planté un chez moi il y a 3 ans et le démarrage a été très long… Il est encore fluet aujourd’hui et fleurit surtout en haut de la tige… C’est vrai que la couleur bleu violet est assez extraordinaire et mérite de la persévérance… Pour recouvrir un arbre, je préfère Paul’s Himalayan musk. C’est un rosier liane blanc, d’une vigueur sans égale qui est capable de recouvrir un arbre ou une clôture de 10 mètres de long sur 3 à 4 m de haut, en moins de 3 ou 4 ans… Son coloris est certes moins original que celui de Veilchenblau mais si vous êtes un peu pressé, vous auriez certainement un plaisir plus immédiat qu’avec Veilchenblau qui me déçoit un peu… Dans les 2 cas, les rosiers ne sont pas remontants. Je trouve que Paul’s H. M fleurit plus longtemps que Veilchenblau… Maintenant, peut-être que dans 2 ou 3 ans, Veilchenblau va enfin prendre son essor et que je ne regretterai pas mon entêtement à le soigner… Félicité et Perpétue est aussi un bon rosier pour le genre d’utilisation que vous recherchez… Allez faire un tour sur le site des Roses anciennes André Eve http://www.roses-anciennes-eve.com Tous les rosiers que vous pouvez rechercher s’y trouvent, avec un descriptif très complet… Par contre, la période d’envoi des plantes à racines nues est passée et il va vous falloir attendre l’automne, à moins que vous ayez la chance de trouver Veilchenblau sur une fête des plantes… Les roses anciennes André Eve sont présentes à Gerbéviller (54) les 8 et 9 mai 2010, à Paris, aux Tuilleries les 4, 5, 6 juin 2010 et à Ermenonville à l’Abbaye de Chaalis les 11, 12, 13 juin prochain… Au moment de la plantation, n’oubliez pas de mettre au fond de la fosse (au moins 40 à 50 cms en tous sens), 1 ou 2 poignées de corne broyée ou de poudre d’os, ce sont des engrais biologiques à action lente et ils favoriseront l’enracinement . Arrosez assez souvent cet été… Bon courage et donnez moi des nouvelles de votre choix ! Bien cordialement. Chantal JARDIN DE L’ECHASSIERE

  • Bonjour,
    Je vous remercie pour ce superbe site ainsi que ces photos qui donnent envie !!!
    Je vis actuellement à Paris et je rêvais de rosiers rouges ! J’ai un balcon d’environ 8m2 exposé plutôt nord, on a beaucoup de lumière mais le soleil ne tape pas directement.
    J’ai acheté un rosier grimpant nommé Conquistador chez Truffaut. Le rosier était en pot d’environ, il mesure à partir de la surface de la terre environ 60 cm de hauteur. J’ai pris un pot de 50cm de profondeur pour que ses racines se développent, j’ai percé le fond du pot, rempli de billes d’argile sur environ 5cm de hauteur, puis j’ai mis une couche de toile géotextile, et enfin j’ai mis du terreau spéciale pour géraniums, j’ai rempoté le rosier là dedans, je l’arrose souvent en ce moment car il fait assez chaud. Je viens de mettre un treillage de 2m de haut pour 1m de large sur un des côtés du balcon et j’ai tenté du mieux que je le pouvais avec du fil de fer d’accrocher toutes les branches de mon rosier dessus de façon à ce qu’il puisse bien grimper dessus.
    Pensez-vous que je m’y suis prise de la bonne façon ? Auriez vous des conseils à me donner pour sa santé ? Savez s’il fleurira cette année ou bien il est encore trop jeune et innocent pour cela ? =)
    Je vous remercie encore,
    Eirlys.

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