1er juin :
Mois des foins, mois des fleurs, mois des roses… Mois de tous les bonheurs, JUIN est celui, entre tous, que je désire le plus, que j’espère en secret quand le vent froid souffle du nord, en plein cœur de l’hiver… Et puis, un jour, enfin, le voilà : je descends au jardin, tout étonnée de le trouver si beau, rempli des promesses de l’été qui s’annonce, comme un cabotin qui se serait préparé en cachette pour se présenter sous son meilleur jour à un public impatient qui, de l’avoir attendu si longtemps, reste muet, saisi d’étonnement devant tant de générosité…
Pour la seconde fois, j’ai décidé de participer à l’opération « Bienvenue dans mon jardin », organisée à l’initiative de l’Association des jardiniers de France. En avril, j’ai renvoyé mon bulletin de participation et, forte de l’expérience de l’année dernière, je décide de me préparer à l’évènement très sérieusement afin d’augmenter le nombre des visiteurs.
J’imagine une petite carte d’invitation à adresser aux personnes susceptibles d’être intéressées : des amis, des collègues, des amateurs, des professionnels, des associatifs… Je rédige un courrier à l’intention des journaux et magazines spécialisés qui souhaiteraient relayer l’évènement… Les premiers jours, je guette le facteur. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir bénéficié d’un reportage ou de la publication de photos dans « L’Ami des jardins »… Pourquoi pas à cette occasion ? Mais les jours passent et rien ne vient… Finalement, alors que j’ai abandonné tout espoir de soutien, je reçois un appel téléphonique : une lectrice de « L’Ami des jardins », informée de l’ouverture du Jardin de l’Echassière par le numéro de juin, m’appelle pour me fixer un rendez-vous… Je reprends le magazine auquel je suis abonnée depuis plus de trente ans et découvre une annonce très sympathique à la rubrique « Manifestations du mois » qui avait échappé à ma lecture: « Ouverture du charmant petit jardin de l’Echassière le week end des 13 et 14 juin 2009 ». Suivent adresse et numéro de téléphone… Je suis ravie et reconnaissante au magazine d’avoir relayé mon annonce. J’espère que ce petit coup de pouce me permettra de me faire un peu mieux connaître…
Après contact pris avec la Présidente de l’Association SEVRAN VILLE VERTE VILLE FLEURIE, je propose une visite guidée privée à l’attention des adhérents de l’Association. La présidente, enthousiaste, accepte : elle est venue au jardin l’année dernière et est persuadée qu’il séduira bon nombre d’amateurs. La date est fixée : ce sera mercredi 3 juin.

Et un autre, carrément heureux ! La preuve que le jardin est bien capable de faire quitter la terre ferme...
Dans cette attente, je dois m’affairer activement. Le temps est chaud depuis quelques jours et les plantes sont assoiffées. Chaque soir, j’arrose avec patience, comptant 100 au pied de chaque rosier, pour m’assurer que tous ont bien leur ration d’eau salvatrice. Les mauvaises herbes en profitent pour pousser à toute vitesse et je danse une valse endiablée du potager à la roseraie, en passant par les massifs de vivaces et les arbres fruitiers… Il faudrait que je sois capable de me couper en 4 pour parvenir au bout de toutes les taches qui m’appellent…
La pluie arrive et cette alternance de beau temps et d’eau apporte son cortège de maladies… « Rapsody in blue », « Zéphirine Drouhin » et « Madame Meilland » m’inquiètent beaucoup : nous sommes au début du mois de juin seulement et après une première floraison un peu maigre, contrairement à leur habitude, leur feuillage est tout jaune et commence à tomber… Je décide d’effectuer une pulvérisation à base de souffre sur l’ensemble des rosiers du jardin.
Les pucerons, eux aussi sont de retour : j’ai laissé se ressemer un grand nombre de pieds de camomilles autour des rosiers. Outre l’effet vaporeux qu’ils procurent et qui constitue un superbe écrin, ils ont l’avantage d’attirer les pucerons qui désertent ainsi mes précieuses roses à leur profit… J’observe avec attention l’abri à insectes : une nuée d’abeilles solitaires a choisi de s’y établir à ma grande satisfaction. Beaucoup de perce oreilles et de chrysopes y sont cachés et je trouve que cette année, les oiseaux et les papillons sont plus nombreux qu’habituellement. Je ne regrette pas le travail qu’a donné la construction de ce H.L.M. très spécial où la cohabitation est de rigueur… La biodiversité sera mieux préservée. Un jour, ma mère, qui sait comment me faire plaisir, arrive avec un petit cadeau : les autres femmes reçoivent du parfum ou un bijou. Moi, je reçois souvent un outil de jardin : sécateur, serfouette, incinérateur ou plantes diverses… Aujourd’hui, j’ai le plaisir de découvrir 2 boites de larves de coccinelles ! Je ne les ai jamais utilisées aussi est-ce avec une grande attention que je lis le mode d’emploi et que les disperse avec précaution sur les rosiers contaminés… Quelques jours plus tard, les pucerons auront disparu…

A l'abri du noisetier, appuyé contre le tas de compost où s'était spontanément installée une colonie d'abeilles solitaires l'an dernier, l'abri à insectes déjà bien colonisé pour la première année...
Les jours d’ouverture du jardin sont arrivées : le temps est magnifique et plus de 60 visiteurs sur deux jours vont se presser, témoignant de leur appréciation avec enthousiasme. Mon Petit livre d’or se remplit vite de commentaires élogieux… Je prends un grand plaisir à les guider, offrant conseils et anecdotes.
La visite accompagnée dure environ 1 heure et se prolonge autour d’une table sur laquelle j’ai disposé bibliographie, catalogues divers (ceux d’André Eve et Guillot, surtout…) et boissons fraiches. Les visiteurs s’attardent, heureux de se trouver des points communs et reviennent sur leur pas pour relire une étiquette, respirer le parfum d’une rose ou prendre une dernière photo…
Un visiteur, Responsable des Espaces verts à Sevran, me suggère d’ouvrir une vue dans le massif des aucubas, derrière la maison, de façon à donner de la profondeur à ce coin un peu sombre. J’avais déjà songé à créer une ouverture à cet endroit, mais d’autres projets m’avaient attirée ailleurs. Cet avis de professionnel me conforte dans ma première idée et je décide de m’atteler à ce travail dès que j’aurai 5 minutes… J’évalue les arbres à tailler, un vieux Forsythia, en particulier, qui fleurit pauvrement au printemps et lance de longues tiges dégingandées qui apportent beaucoup d’ombre et ne facilitent pas l’accès à la mare. En attendant la mise en œuvre de ce nouveau projet, je me sens heureuse d’avoir décidé d’ouvrir mon jardin au public et de favoriser ainsi la communion d’esprits jardiniers qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés si les circonstances ne s’y étaient pas prétées…




Bonjour, je vois que vous avez reçu ou acheté des larves de coccinelles, asiatiques? ce sont des vraies pestes, qui mangent les autres insectes bienveillants, et NOS coccinelles à 7 points, de plus, elles hibernent dans les maisons, j’en ai eu plein mon imprimante !
et elles donnent aux vignobles un goût de punaise.
essayez de conserver un coin plein d’orties, vous aurez des coccinelles de chez nous, elles adorent les orties…
bravo pour votre jardin
Catherine
Merci de vos conseils… Je ne suis pas sûre qu’il s’aggisse de coccinelles asiatiques… Mais, peut-être, après tout… J’ai lu qu’une mutation génétique était survenue qui avait donné des coccinelles sans ailes… Elles ne peuvent pas se déplacer d’un arbuste à l’autre en volant alors elles se nourrissent des pucerons à l’endroit où on les dépose. Elles ne peuvent pas se reproduire non plus. A la fin de leur vie, elles meurent sans descendance… Alors, si c’est bien ça, elles semblent plutôt inoffensives… Mais je vais me renseigner plus à fond, il faut être très vigilant quand une espèce est introduite de l’étranger, sous peine de faire disparaître nos espèces indigènes… Je suis tout à fait d’accord avec vous…