1er septembre…
Les vacances finies, il faut prendre le chemin du retour… Je n’ai jamais de regrets lorsque je rentre à la maison car je sais que je vais retrouver celui qui a souvent occupé mes pensées au cours de l’été : mon jardin… Toutes les visites que nous avons faites, tous les ouvrages que j’ai eu le temps de lire, ont nourri mon imagination et c’est la tête pleine de projets que je vois les kilomètres défiler… A peine arrivée, je bondis de la voiture et arpente mon domaine au pas de course : comme il m’a manqué ! Impatiente, je veux tout voir à la fois, ce qui a poussé, ce qui a souffert, ce qui a besoin de moi sans perdre une minute supplémentaire… A ce moment précis, j’ai tout oublié, il n’y a plus que mon jardin qui compte !
Le premier bilan rapidement établi, je recommence mon inspection de façon plus méthodique. Ce qui m’a échappé au premier coup d’oeil me saute à présent aux yeux : ce jeune rhododendron n’a pas résisté à la sécheresse… Les hortensias plantés sous le Cèdre de l’Atlas sont flétris, la pelouse est inégale et jaunie, les limaces se sont régalées des feuilles de hostas… Par contre, comme les jeunes rosiers de la nouvelle pergola ont poussé ! Cela, je le dois aux soins attentifs de ma mère qui les a arrosés avec patience, sachant à quel point je les aime ! A leurs pieds, les népétas six hills giants taillés ras au début du mois de juillet ont reformé de grosses boules fleuries. Mes rosiers tige « Iceberg », et ceux du massif situé derrière la maison, taillés après la première floraison, remontent à nouveau et offrent de superbes bouquets, à peine moins éclatants qu’au printemps. Les althéas ne sont qu’une masse de fleurs rose et bleues. Les phlox, éboutés en juin, ont retardé leur floraison et vont nous faire profiter de leur parfum jusqu’aux premiers jours d’octobre. Je laisse à Michel le soin de sortir les valises, moi, je suis bien trop occupée : je dois arroser les végétaux que j’ai rapportés des Pépinières de la Rivière à Soullans -en particulier des rosiers rugosa et des géraniums odorants que je mettrai en serre cet hiver (d’une visite au Jardin des Olfaties à Coex, j’ai pris l’idée d’installer un « petit carré des senteurs »…) - et de la Roseraie de Vendée (se reporter à « Mes idées de visite », « Beaux jardins »), un endroit que je vous recommande si vous allez en Vendée.
Septembre est un mois agréable : on sent l’automne qui approche, les journées sont plus courtes, les matins plus frais, le soleil plus oblique, mais les dernières journées d’un été qui ne veut pas s’en aller sont si douces… Le souffle du vent sur le visage est comme une caresse… Toutes les odeurs sont exacerbées comme si elles savaient que le froid allait les chasser : c’est l’odeur du champignon qu’on écrase sous les pieds, celle de l’herbe humide du petit matin , celle des dernières roses « Une rose d’automne est plus que toute autre exquise »… (T.A. d’Aubigné), des phlox, presque enivrants à force de sentir bon, des pommes et des poires tombées sur le sol et autour desquelles bourdonnent une nuées d’abeilles attirées par leur parfum sucré… Septembre, c’est tout cela… C’est aussi la perspective de l’hiver qui approche à grand pas et qui, comme chaque année, n’en finira pas de finir… Et comme d’habitude, au début du mois de mars, quand les premiers signes de renouveau seront encore trop discrets pour recommencer à espérer, je soupirerai dans mon coin en me demandant si le printemps va finalement revenir un jour…

Un des 2 "carrés des senteurs" mis en place il y a quelques jours : des plantes dont on peut froisser les feuilles qui exhalent des parfums surprenants : rose, résine, ananas, chocolat, guimauve, bonbon acidulé... Ces végétaux sont gélifs et ils seront abrités cet hiver... Le massif sera beaucoup plus garni l'été prochain !
En attendant, le travail ne manque pas… Dès le lendemain de mon retour, à l’aube, je me mets à l’ouvrage : je commence à nettoyer tous les massifs de vivaces, arrachant sans merci chiendent, prèles, pissenlits, liserons et autres mauvaises herbes, que je regroupe sur la pelouse en de gros monticules qui finiront sur le tas de compost. Je rectifie la forme des topiaires qui se sont un peu ébouriffées et entreprends la taille des glycines qui lancent de grands jets dans tous les sens. Le sureau commun et les charmes ont également besoin d’un bon rafraichissement. Ils font beaucoup trop d’ombre aux végétaux qu’ils surplombent… Alors que je m’active au pied des bouleaux, je m’aperçois soudain que l’un d’entre eux présente une grosse entaille, au milieu du tronc, à un mètre cinquante du sol. On peut y passer la main… Désolée, je ne peux que constater que l’arbre a vraisemblablement été touché par la foudre et qu’il est condamné… Le gel va s’engouffrer par la blessure et des maladies ne vont pas manquer de s’installer, le fragilisant encore davantage… Il présente un danger potentiel de chute et je décide d’appeler l’élagueur… Celui-ci confirme mon diagnostic : il faut l’ abattre rapidement car le tronc commence déjà à ployer, à mesure que la fente s’écarte… Les bouleaux formaient un ensemble de trois jeunes arbres d’une quinzaine d’années, solides et feuillus. J’imagine le trio amputé d’un des membres et m’inquiète sur l’équilibre du groupe : deux arbres, seulement ? Peut-etre devrais-je en faire abattre deux, pour n’en laisser qu’un seul ? Je décide d’attendre et de remettre ma décision à plus tard… J’aviserai lorsque la place sera nette…

Frappé par la foudre, le tronc du bouleau est fendu sur une hauteur de 40 cms environ... Il est condamné...

...Mais les branches sont souples et l'élagueur doit s'attacher pour ne pas basculer dans le vide...
La nouvelle allée engazonnée aux premiers jours de juillet a pris forme : à présent qu’elle a un peu vieillie, elle est parfaitement intégrée au jardin. La perspective qui se dégage de cette ouverture est vraiment très agréable… Je n’imagine plus le jardin sans cette trouée… Le gazon est encore irrégulier à certains endroits et après avoir un peu scarifié les surfaces vierges d’herbe, je sème d’autres graines qui devraient germer plus facilement qu’au coeur de l’été. Une des berges de l’allée est nue et je m’attaque à la plantation d’hortensias qui se plairont à l’ombre des grands arbres qui les dominent. Une petite table ancienne, dénichée dans un vide grenier est installée depuis des années sous la grande glycine, celle qui escalade le sapin jusqu’à sa cime. Une petite plage empierrée serait du plus bel effet : aussitôt dit, aussitôt fait ! Et comme à l’accoutumée, Michel est réquisitionné pour creuser : il décaisse la première couche de terre pour placer un peu en contrebas les larges pierres de meulières récupérées sur un chantier de démolition. Il les agence habilement, et un peu plus tard, la vieille table et ses deux chaises trônent fièrement sur leur nouvelle dalle !

Détails de la nouvelle allée : à gauche, la petite terrasse en vieilles pierres de meulières, en fond, les daturas, à droite, la plantation de jeunes hortensias... Le chemin en pelouse demande encore à s'étoffer mais ses courbes sont douces et rondes...
De la Fete des plantes à St-Jean-de-Beauregard, nous avons rapporté de vieilles grilles afin de protéger les rosiers situés sur le chemin du tuyau d’arrosage. En une matinée, Michel les installe… Les rosiers se porteront beaucoup mieux à l’avenir ! A la base des althéas, entre les cyclamens coum et les bruyères erica, je plante les premiers bulbes que je vais laisser se naturaliser : perce-neige, muscaris, crocus… Je vois ce massif de la fenetre de la cuisine et la fin de l’hiver sera moins triste !

Les cyclamens coum se naturalisent dès qu'ils se plaisent : ce pied, minuscule il y a 2 ans, a maintenant la taille d'un grand plat... A coté, jeunes bruyères Erica blanches, rose et rouges...
Les jeunes rosiers de la pergola mise en place en janvier dernier commencent à s’étoffer. Je décide d’agrandir la surface au pied des arceaux, cela va me permettre de transplanter à cet endroit des rosiers modernes parfumés que j’ai placés, à tort, beaucoup trop à l’ombre… Ils végètent depuis des années et se plairont mieux au soleil. A leur place, je mettrai des hortensias qui formeront un angle avec ceux mis en place depuis plus de vingt ans et qui fleurissent abondamment chaque été.

A mon retour, le kiosque était entièrement recouvert de jasmin... Les rosiers "Zéphirine Drouhin" périssaient étouffés... J'ai taillé très sévèrement les 3 pieds de jasmin et ai repalissé les rosiers. Le travail n'a pas été trop douloureux car "Zéphirine" est un rosier inerme... (pas d'épines)
Je ramasse les pommes et les poires et confectionne de délicieuses compotes dont nous nous régalerons cet hiver. Les dernières tomates sont consommées à toutes les sauces. Je congèlerai celles que je n’utilise pas… Lorsque je vais vider une brouette sur le tas de compost, j’en profite pour ramasser les noisettes qui jonchent le sol autour du noisetier. Quel plaisir que ces petits fruits qui croquent sous la dent !



c’était une rentrée… por avoir le plaisir de revenir, il faut partir, vider son regard sur d’autres cieux ! j’avais aussi planté 3 bouleaux,
ainsi vont les choses…
j’espère, dans une semaine avoir autant de plaisir à retrouver mon jardin.
Eh oui, Catherine ! Tous les ans, c’est la même chose… J’ai toujours une nouvelle idée qui balaie tous mes projets de rentrée… Et je mets 8 jours à la mettre en oeuvre… Pendant ce temps, mes valises encore pleines attendent devant l’armoire que je trouve 5′ pour les vider… Le jardin, quand ça vous tient, ça ne vous lache pas !!!