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... Et si on colonisait le trottoir ?

 

Du temps où la France était essentiellement rurale, le jardin se trouvait aussi bien derrière la barrière que sur ce qui faisait alors usage de trottoir… Les paisibles bandeaux de terre accueillaient lilas, violettes, pensées, symphorines, roses trémières  et autres fleurs vivaces ou annuelles, solides et de propagation facile. On ne savait plus trop où commençait et finissait le jardin et on se faisait une fierté de sa devanture, en récupérant à bon compte par-dessus les grillages semis, boutures ou graines… Dans un joyeux fouillis plein de charme, des fleurettes simples et colorées débordaient dans une abondance sans manière qui faisait le bonheur de tous… Aujourd’hui l’élargissement des chaussées au détriment des trottoirs a chassé ce naturel qui ne demande qu’à revenir au galop !

Le rosier liane "Paul's Himalayan's musk" se plait dans la terre ingrate de sa petite fosse. A sa base, une vielille pivoine dont on se demande où elle puise sa nourriture pour fleurir aussi abondament, du lierre, des iris et des hémérocalles...

Le rosier liane "Paul's Himalayan's musk" associé à une clématite, se plait dans la terre ingrate de sa petite fosse. A sa base, une vieille pivoine dont on se demande où elle puise sa nourriture pour fleurir aussi abondamment, du lierre, des iris, des hémérocalles...

 Des kilomètres de trottoirs bitumés, ingrats et sans âme ne demandent qu’à revivre, pour peu qu’on leur accorde un peu de temps. Cette idée commence d’ailleurs à faire son chemin dans l’esprit des jardiniers des Services Espaces verts de certaines villes qui voient le parti que l’on pourrait tirer d’un aménagement  raisonné des trottoirs par les habitants.

Evidemment, quelques critères incontournables sont à prendre en compte, tel que celui de la largeur réservée au passage des piétons par exemple. Une distance minimale d’1 mètre semble indispensable pour permettre la circulation d’une poussette d’enfants ou d’un fauteuil roulant. D’autres facteurs, tous liés à la sécurité sont également à convenir avec la municipalité, dont il faut  obligatoirement  obtenir l’autorisation, ce qui n’est pas un obstacle en soi dès lors que la règlementation est respectée… Pour cela, le simple bon sens et la concertation devraient  suffire…

Il existe plusieurs possibilités d’aménagements :

– Dans les cas où les trottoirs laissent peu de place pour l’installation de végétaux, on envisagera  de simples fosses d’une taille d’une vingtaine de centimètres en tous sens creusées aux pieds des murs à intervalles irréguliers pour rompre avec une uniformité un peu lassante en ville. Rien d’autre à faire ensuite que de remplir ces fosses avec de la bonne terre enrichie de compost bien mûr et planter des espèces faciles à vivre, qui se plaisent dans une terre sèche et caillouteuse, telles que roses trémières, iris, gaillardes, soucis, etc… Pour juste un peu de travail –un burin et une petite masse suffisent en général à creuser les fosses- et quelques plantes, la physionomie de votre maison et de la ville peut changer de façon complètement radicale. A l’heure du développement durable, cela compte aussi !

– Avec un peu plus de temps, de travail et d’espace, il est tout à fait possible de fabriquer à très moindre frais d’étroites jardinières en pavés récupérés sur des chantiers de démolition (n’utilisez pas de traverses de chemin de fer réformées gorgées d’huile de goudron  qui dégagent des hydrocarbures aromatiques polycycliques que l’on dit cancérigènes et contre indiqués pour la végétation). Il suffira de sceller les pavés au ciment, de telle sorte qu’ils forment un petit bac d’une trentaine de centimètres de large au fond duquel on aura grossièrement brisé et enlevé le bitume afin que les racines parviennent à s’infiltrer dans la terre.

Des pavés de 20 cm2, scellés au ciment forment une longue bordure à la base du mur. Le fond de cette jardinière improvisée a été brisé et les fragments de goudron ont été retirés pour permettre aux plantes de s'épanouir...

Des pavés de 20 cm2, scellés au ciment forment une longue bordure à la base du mur. Le fond de cette jardinière improvisée a été brisé et les fragments de goudron ont été retirés pour permettre aux plantes de s'épanouir...

Des deux cotés du portillon ou du portail, on pourrait imaginer plusieurs rangées de pavés superposés pour former des bacs un peu plus profonds dans lesquels des arbustes sans problème trouveront place. Deux topiaires soigneusement taillés en boule formeront aussi un contraste intéressant entre le côté bon enfant des plantations situées à la base du mur et celui plus précieux d’un arbuste taillé. Et pour rester dans l’esprit « Jardin de grand-mère », il ne faudra pas se priver d’un ou deux rosiers parfumés, liane de préférence pour leur facilité de culture et la rapidité de leur croissance,  de clématites et de l’indispensable glycine… Mais attention à ne pas passer les rameaux derrière les barreaux  sous peine de les voir plier très rapidement sous la force de cette liane impitoyable  à qui rien ne résiste !

La générosité d'un début mai : la glycine et les roses sont presque épanouies... A gauche, de chaque coté du portillon, ddeux lonicéra nitida taillé en boule, les roses aussi

La générosité d'un début mai : la glycine, les roses et les hémérocalles sont presque épanouies... A gauche de la photo, de chaque coté du portillon, deux Lonicéra nitida taillés en boule en signe de bienvenue...

Une tonnelle de roses qui court sur une longueur de près de 40 mètres de long !

Une tonnelle de roses qui court sur une longueur de près de 40 mètres de long et qui est visible de très loin !

 

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