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Littérature et rose...

Le mot « ROSE », daté en français du début du XIIème siècle est dérivé du latin rosa, rosae (substantif féminin), qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Ce terme, apparenté au grec rhodon, aurait été emprunté à une langue orientale. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent des noms donnés à la plante : la rose est la fleur du rosier.

"Mignonne, allons voir si la rose..."

"Mignonne, allons voir si la rose..."

 

Les roses sont cultivées depuis l’antiquité : en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l’âge de bronze… Mais c’est surtout par leur valeur symbolique que les roses ont laissé leur parfum dans l’histoire : « Suzanne », dans l’Ancien Testament signifie étymologiquement rose. Chez les grecs, la rose était la fleur d’Aphrodite, déesse de l’amour et d’Aurora. Les romains attachent la rose à Vénus : arrosée accidentellement par le verre de vin de Cupidon, la rose blanche serait devenue rouge… Dans le cantique des cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre de Parsis, la rose nait sans épines et ne s’en arme qu’après l’apparition du génie du mal sur terre. La rose blanche, mouvement d’opposition à Hitler dont les fondateurs furent décapités en 1943…. La rose a aussi un langage dans celui des fleurs : selon sa couleur et son nombre, elle symbolise l’amour…  Elle est encore un emblème national dans plusieurs pays Angleterre, Bulgarie, Finlande, etc…

Comment, avec un tel succès,  la rose aurait-elle pu ne pas se trouver au centre de l’inspiration littéraire ?

Omar KHAYYAM, mathématicien et astronome,  a écrit au XIème siècle des quatrains aux images souvent difficiles à décrypter où il est question de vin, de jardin et de roses : « Jamais dans le sommeil la rose du bonheur n’a fleuri pour personne… la saison des roses et du vin et des compagnons ivres ! … Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie, vois, la brise a déchiré la robe de la rose… »

 

Le temps... saura faner vos roses comme il a fané mon front"
« Le temps… saura faner vos roses comme il a fané mon front »

  Le roman de la rose est l’une des oeuvres les plus célèbres du moyen-âge. Ecrit par Guillaume le Lorris, vers 1236, puis par Jean de Meung entre 1275 et 1280, c’est un long poème allégorique dans lequel la rose, objet de la quete, est le symbole de la perfection. A la même époque, Dante écrit La divine Comédie qui se conclut par une vision de rose blanche mystique…

– Au XVIème siècle, chez les poètes et spécialement chez Pierre de Ronsard, la poésie utilise la symbolique de la rose pour évoquer la fragilité de la vie humaine : « Mignonne allons voir si la rose… » et « Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie… »

 

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin...

"Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin..."

 – Chez Corneille, la rose montre le passage rapide du temps : « Le reflet aux plus belles choses se plait à faire un affront il saura faner vos roses comme il a fané mon front… »

– Chez François de Malherbe, dans les stances, Consolation à Monsieur du Périer sur la mort de sa fille, la rose est associée à la beauté éphémère « Et Rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin… »

 

J'aime la bouche imitante la rose... Ronsard

"J'aime la bouche imitante la rose..." Ronsard

 Charles Perrault, dans La belle au bois dormant, protège Eglantine par un mur d’églantiers…

– Le thème de la fragilité est repris par Victor Hugo dans la rose de l’infante : la petite Infante, fille de Philippe II, voit les pétales de sa rose s’envoler sous l’action du vent alors qu’au même moment, l’Invincible Armada est détruite par une terrible tempête…

– L’origine de la perte de la virginité remonte au XVIIIème siècle « Cueillir la rose »…

– Recemment (1980), le roman d’Umberto Eco, « Le nom de la rose » est une enquête policière médiévale dont on s’interroge sur le rapport avec la rose…

Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs... The parlement of roses de Julia de Robert Herrick

"Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs... " The parlement of roses de Julia de Robert Herrick

On pourrait trouver bien d’autres exemples encore de l’utilisation de la symbolique de la rose en littérature… Et cette fleur magique ne s’est pas arrêtée en si bon chemin.  On  peut l’admirer également dans le domaine des arts visuels :   peinture,  aquarelle, eau-forte,  faience, porcelaine, tapisseries, broderies, tissages,  vitrail, etc…,  et des arts musicaux…. Dans nos temps modernes, elle continue de trouver sa place de façon surprenante avec les Pokemon, personnages de jeux vidéo et de manga…

Cela tend à prouver que la rose est toujours un modèle de référence de la fleur dans l’imaginaire collectif mondial…

 

Quoi de plus doux, de plus beau, de plus évocateur qu'un bouton de rose ?

Quoi de plus doux, de plus beau, de plus évocateur qu'un bouton de rose ?

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