Rubriques

Nuage a disparu !

Mai : mois des longs week-end printaniers où il fait bon aller se ressourcer à la campagne ou à la mer… Bien calée dans son fauteuil, Lydie regardait défiler le paysage à travers les vitres de la voiture… Elle revivait l’émotion qui l’avait saisie, à l’aller, lorsqu’au détour de la route, la côte bretonne s’était brutalement dévoilée à ses yeux… Des années plus tôt, elle avait déjà éprouvé ce sentiment d’émerveillement qu’elle avait décrit à Jean-Jacques, comme si elle  était responsable de cette splendeur… Et une fois de plus, l’émotion avait été là, réveillant de lointains souvenirs, cette fois partagés… Mais le temps avait passé vite, trop vite et il fallait rentrer…

Nuage, le petit chat perdu...

Nuage, le petit chat perdu...

 Sur la banquette arrière, installé dans son panier, Nuage, le chat de Jean-Jacques, attendait impatiemment que le voyage se termine… Il rêvait au moment où il retrouverait avec bonheur les odeurs familières et les caches douillettes de la maison…  Trop farouche pour être confié à quiconque, il avait passé le week-end avec ses maîtres, se prélassant sur les coussins dans la chambre, pendant que Lydie et Jean-Jacques profitaient des bienfaits de l’océan… Vers midi, la faim commença à se faire sentir… Nuage, grognon, ramassé en boule dans son panier, commençait lui aussi à trouver le temps long… A la sortie d’un petit bourg, un chemin accueillant leur fit signe… La voiture s’engagea lentement sur la voie creusée d’ornières, bordée d’une rivière et, un peu plus loin, d’une voie ferrée … Un plaid fut jeté sur l’herbe drue. En riant, Lydie et Jean-Jacques commencèrent à mordre dans leur pain. Dans la voiture, Nuage, un peu inquiet depuis que le moteur avait cessé de ronronner, commença à miauler. Jean-Jacques s’empara du panier qu’il posa à terre, mais le chartreux continua de se plaindre…Manifestement, il avait très envie de se dégourdir un peu les pattes…  « Je vais le libérer un moment ». « Tu crois ? » dit Lydie, à moitié convaincue. La porte du panier fut ouverte… Le chat d’abord surpris de sentir la fraîcheur de l’herbe sous ses coussinets, finit pas s’aventurer à l’extérieur. Il fit quelques pas, et soudain, contre toute attente, il s’élança droit devant lui et se glissa sous le grillage… Jean-Jacques se jeta à sa suite en appelant le fuyard, mais Nuage poursuivit sa course folle… En quelques instants, il avait disparu… Armés, l’une, de la boîte de croquettes qu’elle agitait avec force, l’autre, de la boîte de canigou sur laquelle une fourchette tambourinait, Lydie et Jean-Jacques entamèrent un concert inattendu… Les minutes, puis les heures passèrent… La fin de l’après-midi fut bientôt là… Les beaux souvenirs du week-end à la mer s’étaient effacés et il ne restait plus que l’angoisse de la disparition de l’animal… La nuit tomba brusquement. Le cœur serré, Lydie et Jean-Jacques durent stopper leurs recherches et se résigner à repartir, sans Nuage… Le voyage, si joyeux à l’aller, s’effectua dans un silence désespéré et coupable…

Le début de la semaine s’écoula avec une lenteur exaspérante… Que faisait Nuage, tout seul, à 500 kilomètres de la maison, perdu au milieu de nulle part ? Des images sanglantes de chat écrasé par le T.G.V. ou traînant avec peine un membre mutilé, traversaient l’esprit de Jean-Jacques… Un douloureux sentiment d’abandon l’habitait… A l’aube du deuxième jour, quand il put enfin se libérer, il remonta dans sa voiture, avec une seule idée en tête : retrouver Nuage… A l’arrivée, une bouffée d’angoisse l’envahit… Et si Nuage n’était pas au rendez-vous ? S’il était blessé ? S’il était mort ?… L’étrange concert reprit quand il se saisit du paquet de croquettes qu’il agita en appelant doucement… Alors, un miaulement  plaintif se fit entendre et Nuage apparut… Depuis 48 heures, il était resté là,  à l’endroit où ses maîtres l’avaient perdu… Il attendait… Harponné par une main vigoureuse, il se retrouva sans autre choix bien à l’abri dans son panier…

Nuage : l'eau qui dort...

Nuage : l'eau qui dort...

 Dans la soirée, pendant que Nuage se refaisait tranquillement une beauté après avoir savouré avec appétit un savoureux repas, Jean-Jacques, pas remis de ses émotions, confia à Lydie que le plus traumatisé des deux n’était certainement pas celui auquel on pensait…

(Cette histoire est inspirée de faits réels . Si Lydie et Jean-Jacques se reconnaissent, pas d’erreur : c’est bien d’eux  et de leur chat dont il s’agit ! Tout est bien qui finit bien…)

3 commentaires pour : Nuage a disparu !

  • Belle histoire, très agréable à lire, je m’y croyais…! Pauvre matou et pauvres Lydie et JJ, la frousse de leur vie !

  • LYDIE

    Merci pour avoir si bien raconté l’histoire de notre Nuage (fugueur et pourtant si peureux sans son maître) et avoir pu si bien retranscrire nos émotions.
    Tout en lisant l’article, je souriais toute attendrie, en pensant que décidément, j’étais gâtée d’avoir dans mon entourage, des ami(e)s aussi *peu communs, et ça fait chaud au coeur.
    Bon week-end, bisous et à mardi.
    Lydie

    *peu commun, pour moi est une qualité, évidemment Chantal !!!

  • admin

    Cest bien agréable de raconter des histoires qui finissent bien… Si vous en avez, racontez les moi, je les mettrai en mots pour que tout le monde en profite !

Laisser une méssage

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>