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Les qualités d'un bon jardinier...

Au XXIè siècle, les jardiniers ont la cote ! Tout comme les cuisiniers, d’ailleurs…  Il n’est qu’à voir Alain Baraton, André Eve, Alexandre Thomas, et tous les autres que chacun s’arrache à l’envi… Emissions sur les plateaux de  télévision, articles dans la presse spécialisée ou non, parrains d’évènements divers… , ils sont demandés partout où il se passe quelque chose… Les temps ont bien changé… Dans le passé, le jardinier était plutôt l’idiot du village, celui que ses parents n’avaient pas su caser…Moins loin, quand on était mauvais à l’école, on pouvait toujours devenir… cuisinier ou jardinier ! Les tendances se sont inversées, et c’est heureux : on a autant besoin de métiers manuels que de métiers dits intellectuels… Et ces nouvelles tendances ont fait basculer ces professions dans le domaine artistique… Les jardiniers sont devenus des créateurs par la grâce de la mode ! Louis le quatorzième le savait déjà, lui qui  a anobli ses deux jardiniers les plus célèbres, Le Nôtre et La Quintinie, dont les oeuvres sont passées à la postérité…  Petit clin-d’oeil 3 siècles et demi en arrière, pour voir de quelle façon on recrutait en 1600 et quelques années un BON jardinier…

De son socle, Mr de la Quintinie observe les saisons, immuables, qui glissent sur son potager, les unes après les autres...

De son socle, Mr de la Quintinie observe les saisons, immuables, qui glissent sur son potager, les unes après les autres... Il peut aussi contrôler si les jardiniers de notre siècle sont aussi efficaces qu'au 17è...

« Un bon jardinier s’évalue en considérant l’extérieur de sa personne en premier lieu, et l’intérieur, en second lieu. L’extérieur concerne son âge, sa santé, sa taille et sa démarche. L’intérieur concerne la probité de ses moeurs, son honnêteté dans sa conduite et ses compétences dans le domaine. Un bon jardinier ne doit être ni trop vieux, ni trop jeune… Trop vieux, il peut être suspecté de paresse et d’infirmité. Trop jeune, d’ignorance et de libertinage… L’âge raisonnable se situe entre 25 et 50-55 ans… Le visage du jardinier doit avoir une apparence de bonne santé et ne pas avoir l’air évaporé d’esprit, ni sottement présomptueux. Sa taille et sa démarche doivent laisser deviner un homme robuste et dispos. Ses vêtements doivent être ordinaires, sans affectation. Ces qualités sont très importantes. Au niveau intéreur, il faut cerner ses compétences : meilleur au fruitier ou au potager ? Aux fleurs ou aux orangers ?

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Continuellement affairés, ils n'ont ni dimanche ni jour de fête... Le jardin est exigeant... Les maîtres aussi !

Enfin, il faut savoir s’il a femme et enfants… Et si ceux-ci travaillent aussi au jardin… Sa femme devra savoir sarcler, nettoyer, ratisser, serfouir, cueillir les fruits et les légumes… Elle saura également réparer le désordre apparent du jardin et portera sur elle un certain air de propreté… Le jardinier, quant à lui, sera sage et honnête en toutes maximes de vivre, sans avidité insatiable… Il sera le premier et le dernier à l’ouvrage, principalement les jours de fête. Ces jours-là particulièrement, on doit le voir se promener au jardin, commentant chaque endroit, bien ou mal, projetant ce qu’il y aura à faire chaque jour de la semaine. Il en profitera même pour ôter les insectes qui font des dégats, attacher quelques branches, cueillir les fruits mûrs à point, ébourgeonner quelque faux bois qui blessent la vue et font du tort à l’arbre, qu’on n’avait pas vus jusque là…

Un bon jardinier sera affectueux et curieux, propre et docile. Il nettoiera son jardin des mauvaises herbes, les allées en seront propres et bien tirées. Il ne parlera pas trop, ni ne s’écoutera parler… Il ne décidera pas de perpétuelles nouveautés ni ne se satisfera de ce qui existe sans chercher à toujours le perfectionner… Il saura un peu écrire et dessiner… »

Aujourd'hui, les jardiniers signent des autographes à des admirateurs empressés...

Aujourd'hui, les jardiniers signent des autographes à des admirateurs empressés...

Ces conditions sont extraites du Traité de Mr de la Quintinie « Instruction pour les jardins fruitiers et potagers… », première partie, chapitre IV : « Des moyens de se connaître en jardiniers« .

Intéressant de juxtaposer les conditions requises en 1650 et celles qui existent de nos jours, principalement dans le domaine de la personnalité des individus… Hors compétences, bien entendu ! Car un bon professionnel reste un bon professionnel qu’il soit né au siècle du Roi soleil ou à celui de Mr Sarkozy…

 

4 commentaires pour : Les qualités d’un bon jardinier…

  • Je trouve que c’est chouette tous ce que vous raconter

  • admin

    Merci ! Mais je n’invente rien, les temps ont bien changé…

  • jean Guillaume

    Aujourd’hui le jardinier disparait pour laisser place au paysagiste. Il y a fierté à être jardinier connaisseur des plantes, amoureux de la terre et de la nature.
    Aujourd’hui, le paysage est de plus en plus réservé à la réinsertion…de l’homme mais pas des plantes.

  • admin

    Bonjour Jean,
    Je suis convaincue qu’il y aura toujours des jardiniers, même si certains, aujourd’hui, préfèrent l’appellation Paysagiste… C’est comme instituteur et professeur des écoles. 2 mots pour une même fonction, au final…
    … Et heureusement, si le jardin devient un formidable outil de réinsertion ou d’aide au mieux-être (personnes âgées ou déficientes), notre époque prend aussi de plus en plus conscience de la fragilité de notre éco-système. Gardons confiance en l’homme !

    Cordialement.

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